Mon coin lecture

Le roman vrai de Nejiko Suwa, jeune virtuose japonaise à qui Joseph Goebbels offre un Stradivarius à Berlin en 1943, au nom du rapprochement entre l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon.

Le Stradivarius de Goebbels


Le violon a été spolié à Lazare Braun un musicien juif assassiné par les nazis. Nejiko n’arrive d’abord pas à se servir de l’instrument. Le violon a une âme. Son histoire la hante

Après-guerre, Félix Sitterlin, le narrateur, musicien de la brigade de musique des Gardiens de la Paix de Paris est chargé par les autorités de la France Libre de reconstituer l’histoire du Stradivarius confisqué.
Il rencontre Nejiko qui lui confie son journal intime.

Un extrait (page 16)

« Ce soir-là, Goebbels écrit dans son journal qu’il tient quotidiennement, de 1923 jusqu’au dernier jour du bunker: La fameuse violoniste japonaise Nejiko Suwa a joué pour nous un concerto de Grieg et quelques plus petites pièces de bravoure, avec une superbe technique et un vif talent artistique. Oshima, qui a réussi cette réception, était enchanté. C’est à cette jeune Nejiko que j’ai donné un violon Stradivarius en cadeau. Au vu de sa façon de jouer, l’instrument est entre de bonnes mains. Parmi toute cette petite foule, le plus heureux est celui qui se fait le plus discret: Herbert Gerigk. Cette soirée est son œuvre, la consécration de son travail au service du Reich. Il a écrit le discours de Goebbel sur la musique et rapporté le Stradivarius de France. Musicologue, ancien chef de la section musique du Parti nazi, il est le directeur du Sonderstab Musik, un commando de l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenbergen qui confisque tous les biens de valeur des juifs et les rapatrie en Allemagne. En deux ans, dans la France occupée, il a pillé trente-quatre mille cinq cents maisons et appartements juifs, confisqué des milliers de meubles, de tableaux, un seul stradivarius »

Ce roman,mêlant politique,histoire et musique m’a donné à réfléchir sur la place de la musique dans la propagande.

Faut-il partager son art peu importe le contexte ou le client, de surcroît sur un instrument confisqué au peuple oppressé?

Bonne journée à vous qui passez